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Coin District
Pitch6 min de lecture

Structurer un pitch deck qui répond aux questions des investisseurs

L'ordre des slides n'est pas une convention : il suit les questions qu'un investisseur se pose, dans l'ordre où il se les pose.

Un investisseur qui ouvre votre pitch deck cherche à répondre à une seule question : ce dossier mérite-t-il un rendez-vous ? Il passe généralement peu de temps sur un premier deck. Chaque slide doit donc répondre à une question précise, dans l'ordre où elle se pose — pas dans l'ordre où vous avez envie de raconter votre histoire.

Les questions, dans l'ordre

  1. Qu'est-ce que vous faites ?

    La couverture dit en une phrase pour qui vous travaillez et quel résultat vous apportez, plus le montant recherché : l'investisseur sait tout de suite si le dossier entre dans son ticket.

  2. Le problème est-il réel ?

    Décrivez qui le subit et ce qu'il coûte, avec une source. Un exemple concret convainc plus qu'un chiffre général.

  3. Votre solution le résout-elle ?

    Montrez le produit. Reliez chaque bénéfice au problème de la slide précédente.

  4. Le marché est-il assez grand ?

    Préférez un calcul ascendant (nombre de clients cibles × prix annuel) à un chiffre d'étude de marché, et donnez votre méthode.

  5. Comment gagnez-vous de l'argent ?

    Qui paie, combien, à quelle fréquence, avec quelle marge.

  6. Avez-vous des preuves ?

    La traction est la slide la plus regardée : clients, chiffre d'affaires, croissance, rétention, lettres d'intention.

  7. Pourquoi vous et pas un autre ?

    Concurrence et équipe : ce qui vous rend difficile à copier, et pourquoi votre équipe est la bonne.

  8. Combien, pour faire quoi ?

    Montant, utilisation des fonds, jalons atteints grâce à la levée, nombre de mois de trésorerie.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Affirmer qu'il n'y a pas de concurrent : le statu quo (un tableur, un prestataire, ne rien faire) est toujours une alternative.
  • Un marché calculé du haut vers le bas : « 1 % d'un marché de plusieurs milliards » ne dit rien de votre capacité à vendre.
  • Des chiffres sans période : « 200 clients », depuis quand, combien paient ?
  • Un besoin de financement sans jalons : l'investisseur veut savoir ce que son argent va débloquer.
  • Trop de texte : une idée par slide, le détail va dans les notes ou en annexe.

Deck envoyé ou deck présenté ?

Un deck envoyé par e-mail doit se comprendre seul : phrases complètes, chiffres sourcés. Un deck projeté en rendez-vous peut être plus visuel, puisque vous le commentez à l'oral. Beaucoup de fondateurs préparent les deux versions à partir de la même trame de 8 questions ci-dessus, en ajustant seulement la densité de texte.

Ces huit questions sont la charpente ; le style et le rythme restent les vôtres. Notre modèle en 15 slides les reprend, avec dans les notes de chaque slide ce que l'investisseur y cherche exactement.